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Au Bangladesh, une fille sur deux est victime de mariages forcés

Dans des communautés précaires et marginalisées du Bangladesh, des familles ne voient pas d’autre choix que de marier précocement leur fille, à la fois pour avoir une bouche de moins à nourrir et dans l’espoir qu’elles aient une vie meilleure. Le taux de mariages précoces au Bangladesh est le plus élevé d’Asie du Sud et le deuxième au niveau mondial après l’Inde (1).

Chiffres clés au Bangladesh

mu88 betLiên kết đăng nhậpPrès d'1 fille sur 3est mariée avant ses 15 ans (2)
mu88 betLiên kết đăng nhậpPlus d'1 fille sur 2est mariée avant ses 18 ans (2)

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Étape 1 : empêcher les mariages forcés

Nilufa Akter Eaty est l’une des 650 millions victimes de cette pratique dans le monde (3) : elle a été mariée de force à 16 ans. Elle a lutté pour poursuivre son éducation et aujourd’hui, elle agit pour que les enfants du Bangladesh ne subissent pas la même injustice qu’elle. C’est pour combattre le mariage précoce et pour défendre les droits des filles qu’elle a fondé une organisation féministe : WADA (Welfare Association for Development Alternative).

Soutenue par FEA et Oxfam, partenaire de CARE, WADA mène différentes activités pour lutter contre le mariage des enfants. 720 adolescentes et jeunes femmes sont accompagnées directement, ce qui bénéficie à un total de 5000 à 6000 filles et femmes. Ces activités sont entre autres :
  • la création de centres d’espaces sécurisés au sein de la communauté avec une assistance juridique ;
  • la formation de groupes de filles au sein de la communauté, ce qui leur permet de s’entraider et de lever l’alerte lorsque l’une d’entre elles est menacée d’un mariage forcé ;
  • le développement de compétences de  vie basées sur l’apprentissage de leurs droits et de capacités de leadership ;
  • la sensibilisation du public à grande échelle sur l’importance de la scolarisation.

Et depuis le début des activités de l’association en 2011, les résultats sont là ! « Dans 17 des villages dans lesquels nous agissons, le taux de mariages forcés a chuté de 64% à 9%. Et pour 72 autres villages, on voit une baisse de 44% » , décrit Nilufa Akter Eaty.

Étape 2 : soutenir l’indépendance économique des filles pour briser le cycle de pauvreté et des mariages précoces

Empêcher les mariages forcés est une chose, mais elle n’est pas forcément gage d’une vie digne pour ces familles en situation précaire. Afin de leur permettre de vivre dignement, il est essentiel de les soutenir dans leur lutte contre la pauvreté. C’est pourquoi WADA met en place des formations pour gagner en compétences pour développer une activité génératrice de revenus.

Surya a bénéficié du soutien de l’organisation. La jeune fille et sa famille vivent dans le district de Bagerhat, dans un logement fourni par l’État pour les personnes en situation d’extrême-pauvreté. Lorsqu’elle a eu 15 ans, les parents de Surya ont décidé de la marier.

À cette même période, WADA formait des groupes de filles sur leurs droits et les conséquences du mariage forcé et de la déscolarisation. Grâce à ce projet, elle est devenue capable de faire valoir ses droits, d’empêcher son mariage d’enfant et de poursuivre son éducation. Elle a également suivi les formations de couture et reçu une machine à coudre afin de confectionner des vêtements. C’est ce qui lui a par la suite permis de financer ses frais d’éducation ! Et aujourd’hui, Surya a 22 ans et elle finit ses études.

Comme WADA pour Surya, les associations locales soutiennent les communautés face à leurs problématiques.
Sources : (1)  ; (2)  ; (3)  
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Une coalition d’ONG, dont CARE, soutient les organisations féministes locales

Au Bangladesh et dans 29 autres pays, le projet Féministes en Action soutient des associations féministes locales en Afrique, Asie, Amérique latine et au Proche Orient. L’objectif : donner aux organisations féministes engagées dans les pays des Suds des moyens d’agir et de construire un monde plus respectueux des droits des femmes et des filles.
  • Féministes en action, c’est un projet financé par l’Agence Française de Développement et porté par 6 organisations : CARE, Equipop, le Fonds pour les Femmes Francophones, le Fonds pour les Femmes en Méditerranée, l’Initiative Pananetugri pour le Bien-être de la Femme et Oxfam France. CARE France est cheffe de file de ce projet.
  • Les associations soutenues par Féministes en Action défendent les droits des femmes et des filles et particulièrement les droits et la santé sexuels et reproductifs, tout en luttant contre les violences basées sur le genre. Elles soutiennent aussi l’autonomie économique des femmes afin qu’elles puissent sortir de la pauvreté et devenir indépendantes.

CARE défend la localisation de l’aide depuis des décennies. Nous sommes là pour transmettre nos compétences et nos 75 ans d’expertise aux associations locales. L’objectif est de renforcer le tissu associatif local pour que les communautés puissent ensuite se passer de nous.

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