Les règles sont (encore !) un tabou en France et dans le monde entier

En France, il reste de nombreux préjugés autour des menstruations. On ne présente plus le fameux “t’as tes règles ou quoi ?”,  ni la honte ressentie en demandant discrètement une protection hygiénique. Une fille sur trois a déjà été discriminée à cause de ses règles (1). Il reste du chemin à faire sur le tabou des règles. Mais la parole se libère de plus en plus sur le sujet des menstruations, et les enfants connaissent a minima leur existence. Nous voyons des publicités pour les protections menstruelles à la télévision, et les livres d’éducation traitent du sujet.  Il y a aussi le combat contre la précarité menstruelle : en France, 2 millions de personnes n’ont pas de quoi s’acheter des protections menstruelles (1). Des mesures, bien qu’encore insuffisantes, ont été prises au niveau national pour permettre aux femmes de moins de 25 ans d’avoir un accès gratuit aux protections menstruelles. Ce sont là des progrès qui méritent d’être notés.  

Dans d’autres pays du monde, le tabou des règles est tel que des jeunes filles n’ont jamais entendu parler des menstruations avant de les avoir. C’est le cas en Éthiopie. 70% des jeunes filles n’y ont jamais entendu parler des menstruations avant qu’arrivent leurs premières règles (2).  

"Je me souviens de la première fois que j'ai eu mes règles. Je ne savais pas ce que c'était. J'ai été choquée et, pendant un moment, je ne savais pas quoi faire."
Martha, 16 ans, en  Éthiopie

Le tabou des règles a des conséquences dramatiques pour les jeunes filles

Il faut briser les tabous autour des menstruations pour atteindre une réelle égalité des sexes. Car ces interdits stigmatisent et mettent en danger les filles et les femmes partout dans le monde. Sans connaissance ni accès aux protections menstruelles, les jeunes filles et les femmes sont contraintes d’utiliser ce qu’elles ont sous la main pour éviter de se tâcher : vieux tissus, boue… Il va sans dire que l’utilisation de tels produits est dangereuse pour leur santé. N’ayant pas non plus toujours accès à des toilettes dans les écoles,  les jeunes filles sont nombreuses à rater l’école pendant leurs règles. Cela devient un facteur de déscolarisation des filles.  

Pour gagner ce combat contre le tabou des règles et ses conséquences, il faut soutenir les filles et les femmes. L’éducation et la sensibilisation sont essentielles.

CARE agit en Éthiopie pour l’hygiène menstruelle

En  Éthiopie, Martha fait partie des jeunes qui ont bénéficié d’une formation sur l’hygiène menstruelle avec CARE. Elle forme désormais à son tour ses camarades de classe. « Nous conseillons aux élèves de se sentir libres et de poser toutes les questions relatives aux menstruations, mais aussi de se sentir en confiance pour demander des serviettes hygiéniques lorsqu’elles en ont besoin.  » 

Dagim a 15 ans. Lui aussi a compris que les règles sont naturelles, et soutient les filles de son école en éduquant les autres garçons. « Par exemple, si je vois du sang sur la robe d’une de mes camarades, je lui donne ma chemise pour la couvrir. Lorsque les garçons se moquent des filles, nous leur donnons plus d’informations sur les menstruations et la plupart d’entre eux les soutiennent dès lors qu’ils ont plus de connaissances. » 

 

 

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Dagim, 15 ans, a suivi la formation de CARE sur les menstruations. ©CARE

Outre la sensibilisation contre le tabou des règles, il faut aussi agir contre la précarité menstruelle. Car un quart des filles et femmes vivant en zone rurale en Éthiopie n’utilisent pas de protection menstruelle faute de ressources économiques et d’accès à ces produits (2). « Des actions concrètes sont nécessaires et font une différence pour les femmes et les filles. Il faut garantir leur accès à une vraie hygiène menstruelle », explique Caitlin Goggin, directrice de CARE en Éthiopie. 

Un quart des filles et femmes vivant en zone rurale en Éthiopie n’ont pas accès à des protections menstruelles

Pour améliorer la santé et la sécurité des filles et des femmes, CARE agit donc à plusieurs niveaux pour garantir la santé menstruelle des centaines de milliers de filles et de femmes : 

  • Sensibilisation des populations aux bonnes pratiques d’hygiène menstruelle 
  • Promotion des bonnes pratiques sur l’hygiène menstruelle 
  • Soutien à la production nationale et distribution de protections hygiéniques 
  • Construction et maintenance d’infrastructures sanitaires adaptées dans les écoles ainsi que des systèmes de traitement des déchets.

Martha, lycéenne, est fière de pouvoir participer à ce projet qui a un impact concret sur la vie des filles et des femmes de son pays : « Mon ambition n’est pas seulement de voir des changements dans mon école, mais aussi de permettre à toutes les femmes d’avoir accès à des serviettes hygiéniques à bas prix et de vivre dignement leurs règles. »

 

Sources :  (1) (2) (3)  

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